Shebeen

Publié le par Ulysse

Les notes :


La Présidentielle vue de mon année Erasmus : 10/20 Samedi soir ou plutôt dimanche matin. Bien sur, les Français finissent par parler de politique et quelques minutes après, j’ai l’idée d’enregistrer. Les gens ont parfois l’esprit émoussé mais les réparties restent vives. Évidemment, à part pour Sarkozy ou Ségolène Royal, il faut prendre le reste des réponses avec précaution. Un grand absent du débat est François Bayrou. S’il plaît, notamment à gauche, son projet paraît irréalisable et les gens n'oublient qu'il est de droite. Il est d’ailleurs étonnant de voir que le fait de vivre un an à l’étranger ne change pas les convictions profondes. Peut-être est-ce dû au fait que l’Autriche est un pays trop petit pour être un modèle. Pour le son, désolé, je n’ai pas un micro formidable et surtout, je n’ai pas les logiciels pour éliminer les bruits de fond.
Petites phrases....

Voici la retranscription du montage ( j’ai dû enlever beaucoup de phrases intéressantes qui étaient incompréhensibles pour une oreille non avertie.)

Musique de Saez, Fils de France
Georges-Edouard, (Dauphine) : « Alors pourquoi Sarkozy ? Mais parce que Sarkozy va te donner du boulot mon petit gars. (derrière Myrtille qui dit « Nan ! Nan !).... Si j’étais à Sciences Po, je deviendrais fonctionnaire et je voterais Ségolène Royal... C’est le bon plan, elle va défendre les retraites des fonctionnaires. »
Antonin, (Histoire à La Sorbonne) : « Je voudrais défendre ici la voix de Frédéric Nihous, de Chasse, Pèche, Nature et Tradition. ( Ulysse, Explique-nous ce que prône F.Nihoux ? ). En quelques mots, je reprendrais (Myrtille, ça suffit, ça suffit !) le slogan de Jean Saint-Josse aux élections européennes qui disait solennellement qu’il fallait voter pour lui parce qu’avec Jean Saint-Josse, une Nation souveraine, c’est une Nation qui décide elle-même des dates d’ouverture de la chasse. »
Florence, ENS Lyon : « Je suis désolé quand tu parles de la France et des valeurs françaises. » (Pour elle, Sarkozy les incarne mieux que Ségolène Royal mais ce n’est pas compréhensible, trop de bruits de fond.)
Ulysse, Sciences Po Paris : « Et alors, Noémie, pour qui tu vas voter ? »
Noémie, Erasmus après deux ans de prépa B/L : « Bah, je sais pas encore, Ségolène, nan je sais pas, il faut que je boive un verre, (Ulysse : celui qui t’offre un verre, c’est le candidat que tu choisis, finalement.) Ouais. (Ulysse : Noémie répond en tenant un marteau à la main, un marteau pour Schnitzels. [...] Est ce que tu penses que Marie-George représente un avenir pour la France ?) Non, (rires), (Olivier, peut-être ?), Non plus. (Arlette ?), Non plus... Ségo, euh, Ségolène. »
Myrtille, Erasmus après deux ans de prépa : « Je vote pas pour Ségolène, je vote pour ce qu’il y a derrière, pour le PS, pour la gauche ! »
Antonin, parlant de Frédéric Nihoux : « Le digne héritier de Jean Saint-Josse. »
Ulysse : « Amélie, qu’est-ce que tu penses de la présidentielle, pour qui tu vas voter ? »
Amélie, Eramus après trois ans de prépa A/L dans un grand lycée parisien : Pour qui je vais voter, pour qui je vais voter, je vais voter pour... Le Pen.... Parce que je trouve que c’est un homme sexy... Je trouve Le Pen sexy... Le Pen n’est pas raciste, il est francophile.... Attends, tu m’as enregistrée ? (Ulysse, Bien sur) Ah nan ! Je pensais que tu faisais semblant ! Je ne vote pas pour Le Pen !
(La discussion s’oriente vers José Bové)
Antonin : « Je crois qu’il faut quand même un petit peu recaser le débat. (Ulysse, Oui, parce que là, on reste sur des trucs superficiels.) Clairement de quoi parle-t-on ? Nous parlons de lobby, d'un terme galvaudé, mais ! j’attire votre attention sur le fait, que ! en France, aujourd’hui, s’exprime un véritable sentiment communautaire à l’intérieur de ce qu’il est quand même convenu d’appeler, la Communauté des Moustachus. (Ulysse : Je suis moustachu, je vote José.)
Georges-Edouard, sur Ségolène Royal, (presque incompréhensible) : « Tu ne vas quand même pas voter pour une femme ! »
Antonin, sur Frédéric Nihous : C’est à Bruxelles, c’est les apatrides de Bruxelles qui décident des dates d’ouverture de la chasse en France, (Ulysse, et ça c’est une honte.) Et c’est une honte, c’est un scandale.
Ensuite, le débat dérive, intervention de Félix, un Autrichien, et de Caroline, une Belge, sur l’avenir de la Belgique.
Conclusion de fin d’Antonin : « Il ne faut pas sous-estimer le lobby des Moustachus. »


L’actualité mondiale : 0/20 Yachvili-blondinet. Blondinet-Yachvili. Yachvili-blondinet. Blondinet tout seul. Essai. Dimanche, l'après-midi commence, le réveil est difficile. Je traîne. Ne fais rien. Aujourd'hui, il y a match. Retrouve des français rencontrés hier chez Amélie. Nico le toulousain et des filles qui pratiquent le rugby à Vienne et donc qui savent où voir les matchs. Le Shebeen. Situé entre Thaliastrasse et le Rathaus. Le patron a fondé le club de rugby de Vienne en association avec le lycée français. J'arrive, tout a commencé depuis cinq minutes, je regarde ma bière du coin de l'œil en me demandant si je vais supporter, je n'ai rien ingurgité depuis hier et, finalement, c'est frais, c'est doux, cela désaltère. Tous ces beaux bébés se démènent sur le terrain. Ca joue mieux qu'à La Rochelle. L'ambiance est à l'Italienne, murs ocres ornés de masques de guerre africains et mobilier marron, on pourrait presque se croire dans une chaîne comme Segafredo/Milano/Nero.... si ce n'était les nombreux écrans géants. Même Inter-Milan AC est diffusé pour deux vieilles Italiennes un peu vulgaires. Hurlement de famine de l’estomac et je commande un très bon cheeseburger qui satisfait ma panse à 5h de l’après-midi. Mes papilles, cette semaine, n’ont eu le droit qu’aux pâtes à la tomate et aux tomates aux riz alors elles étaient un peu malheureuses. Il reste 15 minutes de jeux, la France perd d’un point et on sait qu’elle va gagner grâce à une transformation de Yachvili. Puis les joueurs du quinze tricolores regardent blondinet courir. Adieu grand chelem. Dure semaine, décidément, pour le sport français. Je dis au revoir aux rugbygirls dont Anaïs, Sciences Po, que je n’avais pas vu depuis bien longtemps. Mon ami toulousain me dit, avec l’accent : « Non mais tu vois, cela ne va pas m’empêcher de dormir. » Il a raison.


Le décor : Une fois le match terminé, ils allument des petites bougies et l’ambiance devient presque romantique.

L’emplacement : Si on considère que la rue où j’habite est le centre de Vienne parce que c’est là où j’habite, alors le Shebeen est beaucoup trop excentré.

(Une vidéo pour retrouver le moral, France-Angleterre 1991)

Publié dans Vienne

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