Politische Akademie

Publié le par Ulysse

Mes chers amis, tout est possible. Si vous le voulez, nous allons étonner l'Autriche. Si vous le voulez, nous allons réussir le plus formidable des exposés ! Si vous le voulez, nous allons rompre avec les plans sans intérêt des Autrichiens. Si vous le voulez, nous allons affronter la langue allemande, accent contre accent, accent contre personnalité ! Et nous allons gagner sur notre charme ! Si vous le voulez, nous n'allons pas reculer d'un centimètre. Si vous le voulez, nous allons porter nos valeurs, porter nos idées, nous battre pour notre idéal ! Si vous le voulez, nous allons rassembler des milliers de concepts qui ne croient plus dans l'exposé mais qui ont besoin de fierté ! Si vous le voulez, nous allons rendre l'espoir aux jeunes germanistes.

    Ainsi,
Mes chers amis,
        Dans ce moment que chacun devine si important pour l'honneur de Sciences Po, si important pour l'avenir de mes crédits, si important pour moi, plus que n'importe quel sentiment, ce qui m'étreint c'est un stress profond. Ce stress, j'aurais pu essayer de le qualifier, j'aurais pu l'exprimer dans un mot, j'aurais pu vous le dire en une phrase, "j'ai peur", mais ce "j'ai peur" n'aurait pas été à la hauteur de ce que j'éprouve en cet instant. Il y a des sentiments qui sont si forts qu'il n'y a pas de mots assez grand pour les dire. Il y a des sentiments qu se ressentent tellement qu'on a pas besoin de les nommer.
    Je veux tout d'abord rendre hommage au Dr. Moser sans qui l'organisation de ce Pro Seminar n'aurait pas été possible et sans qui nous n'aurions pas eu de repas gratuits à midi pendant ces quatre jours dans le très bel établissement de la Politische Akademie.
    A l'orée de cet exposé où pendant vingt minutes, je vais beaucoup parler, je vais être beaucoup écouté et, peut être, beaucoup critiqué, je veux que chacun d'entre vous soit persuadé des farouches efforts que j'ai puisé dans la part la plus profonde de moi. Je le sais aujourd’hui, je n'ai pas le droit de vous décevoir, pas le droit d'hésiter, tout simplement pas le droit d'échouer !
    A cet instant ou pour moi tout change, je ne peux m'empêcher de penser à ceux qui m'on fait rêver d'une autre destinée, d'une langue allemande plus facile, d'un accent meilleur. Ils ont été pour moi une source de réflexion, d'espérance, et même parfois, de confiance.
    Eux, ce sont les héros du collège Fromentin ou du lycée Dautet, ces hommes et ces femmes avec qui j'ai fait mes premiers pas dans la langue allemande.
    Ils m'ont appris, parce qu'ils le savaient mieux que quiconque, ce qu'était la langue allemande : non une doctrine, ce que Madame Berthon n'aurait jamais voulu, mais une exigence morale, l'exercice de la langue comme un don de soi, le refus du renoncement, la rupture avec les idées reçues et avec l'ordre établi quand celui-ci entraîne l'apprentissage de la langue allemande vers le déclin.
    Ils m'ont appris, à moi petit Français à l'attention démêlée, l'amour de la langue allemande et la fierté de pouvoir la parler. Cette fierté ne m'a jamais quittée. Longtemps j'ai caché ce savoir, cet amour en moi, je pensais qu'il ne fallait pas le dire.
    J'ai changé. J'ai changé parce qu’à l'instant où vous m'avez envoyé à Vienne, j'ai cessé d'être l'homme d'un seul pays, fut-il le plus beau du monde. J'ai changé parce qu'un exposé en Politische Marketing est une épreuve à laquelle nul ne peut se soustraire. J'ai changé parce que les épreuves de la vie m'ont changé. Je veux le dire avec pudeur mais je veux le dire parce que c'est la vérité et parce qu’on ne peut pas comprendre la peine de l'autre si on n'a pas eu soi-même 3 en version en hypokhâgne.
    Il m'est arrivé de douter. N'est pas courageux celui qui n'a jamais eu peur. Car le courage c'est de surmonter sa peur.(....)
    La langue allemande, elle s'appelle Goethe quand celui déclare «Celui qui ne connaît pas les langues étrangères ne connaît rien de sa propre langue.»
    La langue allemande, elle s'appelle Heine quand il écrit, «Je suis fermement persuadé que les ânes, quand ils s'insultent entre eux, n'ont pas de plus sanglante injure que de s'appeler hommes.»
    La langue allemande, elle s'appelle Riefenstahl, quand elle affirme, « La réalité ne m'intéresse pas... »
    La langue allemande, elle s'appelle Bismarck quand il explique, «Les lois sont comme les saucisses. C’est mieux de ne pas voir leur préparation.»
    La langue allemande, elle s'appelle Luther quand il sermonne, «Qui n'aime point le vin, les femmes ni le chant restera sot toute sa vie.»
    La langue allemande, elle s'appelle  Beckenbauer quand il affirme, "Il me faut deux secondes pour faire ma valise. Je peux me battre pour ma vie, pas pour un emploi"
    La langue allemande, elle s'appelle Sissi quand elle minaude, "si seulement il n'avait pas été Empereur..."
   
    A chaque fois que l'on croit la langue allemande finie, elle étonne le monde. A chaque fois, elle s'est relevée. A chaque fois, elle a su trouver en elle la force de ressusciter.
    Ma langue allemande, c'est celle au fond de tous ces Français qui ne savent pas très bien la différence entre le datif et l'accusatif parce qu'ils sont avant tout de bonne volonté. Je veux leur dire par-delà les dénominations partisanes que j'ai besoin d'eux pour que tous devienne possible.
    Je respecte toutes les langues du monde. Mais qu'il soit entendu que si on vit en Autriche alors on met le datif après aus, bei, mit, nach, seit, von, zu.
    Le but de mon exposé en allemand, c'est de permettre à celui qui ne connaît rien en Politische Marketing de comprendre la vie des partis dans la Mediendemokratie.
    Si nous voulons que la compréhension du Politische Marketing devienne un sujet partagé, il nous faut passer de l'exposé virtuel à l'exposé réel.
    Je crois dans le Power Point. Je crois dans le plan en deux parties, deux sous-parties. Mais je refuse la prise d'otages, le formatage intellectuel à l'extrême.
    Je veux être l'auteur d'un exposé qui dira à mes camarades "vous voulez comprendre le fonctionnement du marketing en politique aujourd'hui. Vous comprendrez. Mais vous devez accepter de m'écouter."
   
Tout, alors, deviendra possible pour cette exposé,
Tout deviendra possible si vous le voulez,
Tout deviendra possible si vous le décidez,

Vive la Politique,
Vive le Marketing en Politique !


 



PS: NSTV ne permet pas d'importer la vidéo du discours "Si vous le voulez" alors j'en ai pris une autre sur Dailymotion. Toutes les vidéos de Nicolas sont disponibles sur www.sarkozy.fr, section NSTV. Je conseille notamment la vidéo, "Si vous le voulez", dans la partie "au jour le jour".

Publié dans Vienne

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ulysse 27/01/2007 17:51

c'est vrai que en ce moment, elle accumule. Tous les matins je me lève en me répétant, je l'aime, je l'aime mais c'est dur.

Pim 27/01/2007 17:24

Grandiose ce petit détournement politique; tu peux pas nous faire un truc du même style avec Ségolène triomphant de la langue québécoise (ou corse)?Et pour cette petite vidéo que tout le monde attend, une suggestion: écris un article un soir où te seras bourré, les erreurs de manipulation arrivent très vite...Moi j'aimerais bien pouvoir faire un même post sur mon triomphe de la langue finnoise...Mais y'en a pas gagné...

Joséphine 23/01/2007 19:57

c'est dommage, car on t'as tous imaginé, debout, triomphant et exhalté, tel l'empereur.
Joséphine
C'était le "vrai" exposé, n'est ce pas ?

Quentin 23/01/2007 17:10

Un Autrichien m'a effectivement filmé mais vous ne verrez jamais la vidéo...

quentin 23/01/2007 17:08

c'est justement parce que je suis à l'étranger que ça m'amuse énormément. Très sincèrement, les élections présidentielles, j'adore !