Zanoni & Zanoni

Publié le par Ulysse

Avec Cécile je veux retrouver Valentine et des Autrichiens mais notre marseillaise nous abandonne et nous devons errer dans les rues de Vienne à la recherche d’un hypothétique bar, le Camera. L’errance est un mot qui revient souvent dans ce guide, cela est dû aux larges rues de Vienne qui poussent nos pas vers des bâtiments aux mille couleurs, vers un ailleurs qui ressemble étrangement  à cette histoire que l’on me contait quand j’étais petit. Celle où un sage et vieux prince, plus vieux que les baobabs de Michaux, même s’il ne sait pas ce que c’est, plus sage que les tortues des Galápagos, même s’il n’en a jamais vu, construisait une ville de ses mains, y ajoutait patiemment des couleurs, y mettait des hommes et des femmes enveloppés dans des vêtements somptueux, parés des mille et une étoffes du monde connu et un jour, parce qu’il était plus intelligent que tous les orangs-outans de Bornéo, même si à cette époque tous leurs cadavres auraient pu recouvrir la Manche, il décida de donner vie à cette création de son imaginaire et tel un démiurge, de sa voix simple mais tellement puissante qu’elle rendit sourd le yéti qui du haut de ses montagnes de l’Himalaya tendait l’oreille vers l’Ereb ce jour-là , il dit : Marchez. Depuis cet instant, depuis ce franchissement du Rubicon oral, nous obéissons et ce soir de décembre nous emmène finalement vers Zanoni & Zanoni le glacier le plus célèbre de Vienne, un des endroits préférés de Cécile. J’y avais déjà pris sur ses conseils une glace avec mes parents il y a quelque temps. Il est déjà tard, nous hésitons et nous choisissons finalement de nous faire plaisir. Une crêpe au chocolat fondant entourée de son lit de glaces à la vanille et d’un autre parfum que je n’ai pas identifié. C’est cher mais comme nous n’avons pas consommé d’alcool ce soir, nous avons le droit. L’attente est courte, tout autant que le plaisir. L’ensemble est trop recouvert de chantilly ce qui nuit au goût, la crêpe n’est pas très bonne, sans parler du chocolat. Dans cette océan de déception, il n’y a que la glace pour relever le niveau et encore elles sont infiniment moins bonnes que les créations de La Martinière à Saint Martin de Ré. Une nouvelle fois, la réputation des glaces italiennes est usurpée, comme beaucoup de choses chez nos amis transalpins. J’avais déjà ressenti ce même terrible sentiment à Dubrovnik cette été. Il y a là-bas des glaciers italiens partout mais pas un seul pour rattraper l’autre et si les prix son abordables ils sont de toute façon trop cher puisque l’on ne ressent aucun plaisir. Il n’y a que la gratuité qui peut excuser l’absence de qualité. Mes anathèmes ne serviront à rien puisque Zanoni et ses deux cents places continueront d’attirer du monde chaque soir.

Publié dans Vienne

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