errons dans les rues de Vienne à la rechercher d' un café. Notre polonaise les refuse tous. Trop chers, trop chics, déjà vus. Elle refuse Demel. De Shottentor à Stephan Platz, rien ne la contente. Nous voila dans les rues touristiques quand nous tombons sur des parasols Segafredo, du nom de la marque de café qui développe une chaîne éponyme. "Là on va pouvoir trouver ce que l'on veut" dit Cécile. " Et la prochaine fois, si l'on veut un coca, on cherchera des parasols Coca-Cola" je réponds. Cappuccino à 3 euros, verre de vin blanc à 2,5 euros. De nombreux touristes. Des badauds français qui nous demandent où manger. On les envoie dans Naschmarkt. Segafredo n’est pas mieux ni moins bien que les autres cafés de ce quartier. Il est près d’un Nord See vers lequel nous nous dirigeons ensuite. Alors que nous nous occupons de notre Mix Box, un homme, à côté de nous, nous aborde. Bien habillé, écharpe et chapeau à la Jean Moulin. « Excusez-moi, vous êtes français ? » Oui. « J’apprends votre langue, pouvez-vous m’écrire quelque chose ? A partir de ce soir... » Quentin s’exécute, le papier est mauvais, le stylo est défaillant, l’entreprise est difficile. « A partir de ce soir, vous serez heureux pour la vie. » Nous ne comprenons pas le sens des paroles. Il demande une autre phrase puis revient à la première. « A partir de ce soir, il semble chercher ses mots, vous serez heureux, un silence, pour la vie, moment d’incertitude... en suivant les paroles du seigneur Jésus. » Il sort une Bible. Nous rions. « Très important, il faut suivre sa voie » De temps à autre, il cherche ses mots et parle en allemand ou en anglais. « Il ne faut pas de sexe avant le mariage » ajoute-t-il soudainement en fixant du regard notre blonde polonaise. « It’s too late for me » je lui réponds. « Mais si ce soir vous écoutez Jésus, il vous pardonnera ». « Mais Jésus a couché avec Marie-Madeleine. » Il s’énerve contre Dan Brown, contre le faux Pape et contre le purgatoire qui n’existe pas . Il est sérieux et semble vraiment persuadé qu’il va nous convaincre. Cela dure dix minutes. Nous finissons par partir, notre Mix Box terminée, sous ses implorations et son français maladroit. « Lisez-vous la Bible chaque soir ! Lisez-vous la bible chaque soir ! » Ses paroles ne valent pas un bon chocolat viennois alors je ne m'attarde pas dessus.
Après Vienne, une année de chocolat viennois et de pâtisseries de toutes sortes, voilà Paris. A nouveau, déguster ou même parfois se baffrer
mais, surtout, tout goûter. Arpenter les arrondissements, rôder dans les petites rues à la recherche du meilleur endroit. Continuer à être objectif. Oser caresser avec délice l'absolu. Pour cela,
il faut des critères évidents, clairs, nets, précis, réduits. Il faut, le temps d'une dégustation, réussir à devenir un ordinateur, une simple machine à papilles.
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Les lointains pèlerinages
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