polonaise, nous entrons, Quentin et moi, même s'ils ne servent pas d'alcool. Les bagels sont des pavés déplacés, des aubépines, un clocher, du thé ou tout ce que vous voulez. Ils me rappellent Tante Léonie et surtout les nombreuses heures que j'ai passé au lit à regarder la série OC avec Anne. Sandy Cohen, un des personnages principaux de ce soap, en mange tous les matins. C'est pour montrer son côté populaire et ses origines. Il aime les jeunes délinquants et les mets simples alors qu'il pourrait manger du caviar à chaque repas. Pas du foie gras, car alors que l'industrie du porno est en plein essor, le gavage des animaux a été interdit en Californie, ce qui peut paraître contradictoire. De plus, il vient de New York et le bagel (du yiddish "beygl") a été amené par les juifs d'Europe Central aux USA au début du XXième siècle, notamment dans les grands ports de la côte Est. Quentin a, pour trois euros, un bagel avec une tranche de mozzarella qui affronte courageusement une tomate. Je prends un donut car j'aime Homer Simpson.
L’expresso à presque 2 euros est trop cher et mauvais. On déplore aussi l’absence de bagels sucrés. Les paninis banane-nutella de mon fast-food indien me manquent. Il est loin le temps des petits déjeuners insouciants à quatre heures de l’après-midi. Pour l’histoire, le Bagel a été crée en 1683. Le roi Jean III Sobieski de Pologne vient de repousser l'invasion turque par une charge de cavalerie. Un boulanger de Cracovie (ou de Wien ? les débats d’historiens sur Internet font rages) veut rendre hommage à sa bravoure. Le roi étant reconnu comme un fin cavalier, le boulanger décide de façonner sa pâte en cercle inégal avec un trou au centre pour donner l'impression d'un étrier. Le mot autrichien pour "étrier" étant "beugel". Encore une des conséquences funestes de l’échec de l’invasion turque. Lassés d’attendre Cécile qui ne vient pas et après avoir brûlé un cierge à Wikipédia, nous quittons ce lieu sans regret. C'était pourtant recommandé par le Kronen Zeitung, le Sun local. Comme vous le voyez ce n’est pas une pâtisserie viennoise alors je ne m’attarde pas dessus.
Après Vienne, une année de chocolat viennois et de pâtisseries de toutes sortes, voilà Paris. A nouveau, déguster ou même parfois se baffrer
mais, surtout, tout goûter. Arpenter les arrondissements, rôder dans les petites rues à la recherche du meilleur endroit. Continuer à être objectif. Oser caresser avec délice l'absolu. Pour cela,
il faut des critères évidents, clairs, nets, précis, réduits. Il faut, le temps d'une dégustation, réussir à devenir un ordinateur, une simple machine à papilles.
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Les lointains pèlerinages
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