Rote Bar

Publié le par Ulysse

I rouge
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;



Deux bières à  Kantine, un des premiers bars de mes amours viennoises et que je risque de ne pas revoir. Un petit sourire au Bendl, encore des Koks, puis, Gautier qui a une idée, suivez-moi, allons vers le Volksoper. Il nous explique, "j'ai entendu de la musique, un soir je suis entré, je n'ai pas été déçu." Nous le suivons, l'espoir à fleur de peau de découvrir un autre lieu intéressant à quelques semaines du départ. Pour être un peu plus triste avant de partir.


  P1000051-copie-1.JPG  Je sais. Tout devait être terminé. Mais, j'ai retrouvé ces quelques lignes inachevées. Une de mes dernières soirées viennoises. Dans le Volkstheater, on entre, premier étage, les portes du théâtre sont fermées mais au bout du couloir, il apparaît, le Rote Bar. Le bar rouge. Ce qui me marque en relisant mes notes c'est l'accumulation de nostalgie en quelques lignes. Amours viennoises, quelques semaines du départ, un peu plus triste avant de partir. Et vlan, bam, bimvlan, pathos, satané pathos, quand tu nous tiens. Bien sur, le Rote Bar se prête à se dégoulinement de I rouge. Un lieu d'illusion. Inconnu. Il est minuit et il n'y a que quelques tables éparses qui sont occupées. Évidemment, comme le nom l'indique, et comme Rimbaud l'avait prédit, tout est rouge ou pourpre. Sauf le serveur, en corset noir.
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles
Blabla.
Bombus en latin désigne le bourdonnement des abeilles. Le serveur bombine donc autour de nous. Les canapés près de la fenêtre nous plaisent un temps mais il y a mieux. La scène. Vide. Elle nous attend. Elle susurre
Occupez moi, occupez moi c'est la fin, adieu Vienne, utilisez le théâtre pour oublier
Dans un tourbillon, nous l'écoutons, chacun saisit une chaise. Nous voilà sur elle. Le serveur, habitué de ces fleurs volages, vient bombiner vers nous, évitant habilement les mains de Jeanne-Marie car
Mains chasseresses des diptères
Dont bombinent les bleuisons
Aurorales, vers les nectaires ?
Mains décanteuses de poisons ?
Il ne dit rien. Nous rions. Nous sommes bien. Nous nous regardons un peu en coin, sachant qu'il est probable que nous nous reverrons plus. La France, la vie, reprendra son cours. Le vin blanc n'est pas très cher. La bière, un peu.
Maintenant, je suis dans le 18ième arrondissement. Vienne me manque. Avoir le temps me manque. M'ennuyer me manque. Passer ses journées à boire des cafés me manque. Regarder le monde d'un oeil morne me manque. La bière à trois euros me manque. Natsu, le restaurant japonais, me manque. La scène s'ouvre au-dessous de moi. Elle m'avale.
Bah, oublie cette ville qui ne valait pas grand chose, tu es à Paris, au centre du monde, là où les cultures se mélangent
Je ne sais pas
Rien que dans ta tour, la tour Boucry, quarante civilisations te contemplent
Ma tour ?
Ta tour, ta tour c'est Babel
Babel Boucry ?

 

 

Publié dans Vienne

Commenter cet article

bunny le chti 27/12/2007 10:02

Bonjour,Je te souhaite une merveilleuse année 2008 , qu'elle t'apporte tout ce que tu veux  et aussi et surtout la santé .