Rathaus

Publié le par Ulysse

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Vienne est une ville qui se veut différente alors à chaque fin d'année la mairie organise une grande fête pour les étudiants dans la cour du Rathaus, l'Hôtel de Ville. La musique tout public et surtout toute baveuse vient alors tâcher les beaux murs intérieurs de cet immense bâtiment. Je n'ai pas grand chose à dire sur cette fête, ce n'était pas vraiment mon univers, trop de mini-shorts blancs pour moi. Voila un mélange improbable entre Gao Xingjian et deux poètes du XVIième siècle Louise Labé et Mellin de Saint-Gelais. Résultat de mon ennui lors d'un cours de "Conflict societies" et n'ayant aucun rapport avec la fête. Faut-il y voir un appel à un monde différent ? Non.

J'ai peur, dit-elle
Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie ;
De quoi
J'ai chaud extrême en endurant froidure
Je n'ai pas peur de quelque chose, mais je veux dire que j'ai peur.
La vie m'est et trop molle et trop dure
Enfant stupide,
J'ai grands ennuis entremêlés de joie.
l'autre rive
Tout à coup je ris et je larmoie,
que dis-tu ?
Et en plaisir maint grief tourment j'endure
Tu ne comprends pas.
Mon bien s'en va, et jamais il ne dure :
Tu m'aimes ?
Tout à coup, je sèche et je verdoie.
Je ne sais pas,
Ainsi Amour inconstamment me mène ;
tu ne l'avais jamais fait
Et quand je pense avoir plus de douleur
Je savais seulement que tôt ou tard ce jour arriverait,
Sans y penser je me trouve hors de peine.
tu es heureuse ?
Puis, quand je crois ma joie être certaine,
Je suis à toi maintenant, dis moi des choses tendres, parle moi des ténèbres,
Et être au haut de mon désiré heur
Pangu brandit sa hache pour ouvrir le ciel,
Il me remet en mon premier malheur.
ne me parle pas de Pangu,
Par l'ample mer, loin des ports et  arènes
te raconter quoi ?
S'en vont nageant les lascives sirènes
Raconte-moi ce bateau,
En déployant leurs chevelures blondes
un petit bateau qui va sombrer,
Et de leurs voix plaisantes et sereines,
on croit qu'il va sombrer, mais ne sombre pas
Les plus hauts mâts et les plus basses carènes
finalement, a-t-il sombré ?
Font arrêter aux plus mobiles ondes,
Je ne sais pas.
Et souvent perdre en tempêtes profondes
Tu es vraiment un enfant.
Ainsi la vie, à nous si délectable
Raconte-moi une histoire,
Comme sirène affectée et muable,
après la grande inondation, entre ciel et terre, il ne resta qu'un petit bateau, dans ce bateau seulement un frère et une sœur, ils ne supportaient plus la solitude et se tenaient étroitement serrés, seule la chair de l'autre attestaient sa propre existence,
En ses douceurs nous enveloppe et plonge,
tu m'aimes,
Tant que la Mort rompe aviron et câble,
la fille a été séduite par le serpent,
Et puis de nous ne reste qu'une  fable,
le serpent, c'était mon frère.
Un moins que vent, ombre fumée et songe.





La Montagne de l'Âme
de Gao Xingjian, Sonnet VII de Louise Labé et Treizan de Mellin de Saint-Gelais

Publié dans Vienne

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grutman 15/06/2007 21:57

Ah, Louise Labbé, souvenirs d'Hypokhâgne...Je suis dépité (pas encore député...): Louise Labbé n'a jamais existé, ce sont des hommes qui ont écrit ça. C'est pô juste...