un article sur les bars de l'amour de Praterstern. Comment en parler ?
Je me suis demandé si pour les besoins de la cause il fallait vraiment y aller. Mais, je n'ai pas trouvé de volontaire pour y passer une soirée de débauche avec moi et, tout seul, j'ai peur.
Alors, il faudra laisser l'imagination parler. Suivez-moi, la nuit sera longue, les bars nous attendent... Je sors de chez moi, il est un peu plus de 9 heures. Pour commencer la soirée, je vais
dans le Peepshow à côté de l'arrêt Am Tabor et je loue une vidéo pour une petite séance dans une Solokabine. La porte n'est jamais fermée et à chaque fois que je descend du tramway
je vois quelqu'un rentrer dans cet établissement. Ensuite, je me dis que j'ai besoin d'un peu de compagnie. Là, le choix est trop vaste. J'aurais voulu aller au Marylin Bar. J'aime bien
les photos des femmes qui se pelotent nues sous une douche et qui sont affichées sur la vitrine. Mais, il vient de fermer, il y a maintenant de grandes bandes jaunes qui indiquent que cela va
bientôt réouvrir sous un nouveau nom et avec de nouvelles filles. Ces autocollants jaunes me font penser à une scène de meurtre où l'on n'aurait plus le droit d'aller. Après, il y a le Love
Story Bar et sa merde devant la porte qui me répète chaque jour, "on y va ?" et ne bouge pas. Fermé également. Le Piccolo peut-être. Non, c'est trop simple, ce serait donner
victoire à toutes les filles de ce bar qui n'ont pas cessé de me demander tout au long de l'année si je voulais bien entrer. A côté du Studentenheim de la Mocklereï, il y en a deux également dont
un qui propose des chambres à ambiance. Moyen-Age, Rome.... Là-bas, il y a aussi un Méga Sex-Shop que je me suis promis d
e visiter un jour, il est sans doute plus intéressant que le Spartacus sur la Mariahilferstrasse, qui est coincé entre
deux grands magasins. Mais, c'est un peu loin et si l'on va jusque là, autant aller aux putes dans le Prater ou dans la Darwin Gasse avec cette porte où il y a juste une affiche d'une jeune
japonaise en bikini et cette indication claire mais lapidaire, "Asiat Girls 24-". Non, il faudra trouver plus près ou moins glauque, dans une des rues parallèles de la Tabor Strasse pourquoi pas.
Je sais ! Venus Falle... ce mot me traversa et créa en moi un sillage éveillé pour imiter Gracq réfléchissant devant la mala noche de Goya. Je vais aller au Venus Falle
dans la Heinestrasse. Ce bar est un mystère, la porte est toujours fermée. Il n'y a que deux néons qui clignotent. "Open" et un autre désarticulé dessinant une femme nue. Franchir la porte pour
savoir si comme dans les autres bars ce sont des vieilles dames au seins tombant et si l'on doit s'enivrer avec des bouteilles de Schlumberger. J'ose croire qu'il est différent. Ils ont un site
Internet plutôt étrange. Une écriture rouge sur fond noir qui donne des conseils. Comment lutter contre la perte d
u désir ou de la libido pour les femmes ménopausées, la question de l'orgasme, du pénis, les différentes pratiques sexuelles ou le
Kamasutra. Malheureusement, dans la partie "Bildergallerie", il n'y a rien. C'est en allemand et sans image je ne comprends pas tout alors je suis déçu. Sur le site
best-restaurant.at, ils expliquent que, dans ce bar, les "beautés internationales" parlent allemand et que ce qui commence ne s'arrête jamais.... Il y aura ivresse de vice et
impossible sortie de ce piège de Vénus. Déjà, Virgile, dans l'Énéide, nous avait prévenus de la fourberie de cette femme. "Elle s'adresse au dieu qui porte des ailes, à l'Amour.
«Mon fils, lui dit-elle, toi qui es ma force et ma grande puissance [...] je fais appel en suppliante à ton pouvoir divin. [...] Pour le temps d'une nuit, déguise-toi, prends sa (celle d'Ascagne)
forme et, enfant, revêts ce visage d'enfant qui t'est si connu. Lorsque Didon, toute à la joie, te recevra sur ses genoux au milieu du festin royal et des libations de Bacchus, lorsqu'elle
t'embrassera et te couvrira de doux baisers, souffle sur elle un feu secret et, sans qu'elle s'en aperçoive, verse-lui ton poison.»
Après Vienne, une année de chocolat viennois et de pâtisseries de toutes sortes, voilà Paris. A nouveau, déguster ou même parfois se baffrer
mais, surtout, tout goûter. Arpenter les arrondissements, rôder dans les petites rues à la recherche du meilleur endroit. Continuer à être objectif. Oser caresser avec délice l'absolu. Pour cela,
il faut des critères évidents, clairs, nets, précis, réduits. Il faut, le temps d'une dégustation, réussir à devenir un ordinateur, une simple machine à papilles.
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